Le reste à charge du CPF fait la une, et les chiffres qui circulent ne disent pas tous la même chose. Entre la participation de 150 € déjà applicable, le chiffre de 350 € relayé dans la presse et le complément « pouvant atteindre 200 € » affiché par Mon Compte Formation, il est facile de mélanger ce qui est une règle en vigueur et ce qui reste, à ce jour, un projet.
Cet article fait le point au 4 octobre 2026, à partir des sources officielles. Il distingue clairement ce qui s’applique déjà, ce que prévoit le projet de loi de finances pour 2027 et ce qui reste à préciser, puis détaille les conséquences concrètes pour un organisme de formation : information des stagiaires, suivi des dossiers, financement, catalogue et organisation administrative. Il montre aussi comment un logiciel de gestion pour organisme de formation comme VisioFormation peut aider à structurer cette gestion, sans rien promettre qui n’existe pas.
Ce qui est déjà en vigueur en 2026
Une participation financière obligatoire de 150 euros depuis avril 2026
La participation financière obligatoire, souvent appelée « reste à charge » ou « ticket modérateur », existe depuis le 2 mai 2024. Elle avait été fixée à 100 € par le décret n° 2024-394 du 29 avril 2024, puis revalorisée au 1er janvier 2026 à 103,20 €.
Le décret n° 2026-234 du 30 mars 2026, publié au Journal officiel du 1er avril 2026, l’a portée à 150 € pour l’année 2026. Ce montant s’applique aux actions éligibles pour lesquelles la demande de souscription est intervenue après l’entrée en vigueur du décret, soit à compter du 2 avril 2026, comme le rappelle Service-Public.fr. Le portail d’information des organismes de formation de Mon Compte Formation précise que ce montant est revalorisé chaque année par arrêté.
Qui est exonéré aujourd’hui ?
Selon le portail officiel des organismes de formation, ne paient pas cette participation :
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les demandeurs d’emploi ;
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les titulaires qui bénéficient d’un financement de leur employeur ;
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les titulaires qui bénéficient d’un financement de leur OPCO, d’un accord de branche ou d’un accord de groupe ;
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les titulaires qui mobilisent leurs droits dans le cadre de leur compte professionnel de prévention (C2P) ;
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les titulaires qui bénéficient d’un abondement « accident du travail ou maladie professionnelle » (AT/MP).
Comment elle s’applique concrètement
La participation est automatiquement intégrée au coût du projet lors de l’achat sur Mon Compte Formation. L’exemple officiel est parlant : pour une formation à 1 000 €, un stagiaire qui dispose de plus de 1 000 € de droits ne pourra en mobiliser que 850 €, et devra régler 150 €. Si les droits du stagiaire ne suffisent pas et qu’il lui reste déjà plus de 150 € à payer, la mesure ne change rien pour lui : la participation est intégrée à son reste à payer initial.
Ce qu’un organisme de formation ne peut pas faire
Point essentiel pour votre communication commerciale : il est interdit aux organismes de formation de rembourser cette participation à leurs stagiaires. Seuls l’employeur ou l’OPCO peuvent la prendre en charge. Le portail officiel avertit que le non-respect de cette interdiction expose l’organisme, ainsi que les titulaires qui auraient accepté l’offre, à des poursuites. Toute promesse de type « votre reste à charge vous sera remboursé » est donc à proscrire.
Ce qui est annoncé pour 2027 : ce que prévoit réellement le projet de loi de finances
Un projet de loi, pas encore une règle
Le projet de loi de finances pour 2027 (n° 3210) a été présenté en Conseil des ministres puis déposé à l’Assemblée nationale le 1er octobre 2026. Son article 89, intitulé « Renforcement de la participation des titulaires au financement de leur formation dans le cadre du compte personnel de formation (CPF) et modification des dispositions relatives à la validation des acquis de l’expérience (VAE) », figure aux pages 224 à 226 du texte déposé.
À ce stade, ce texte n’est pas une loi : il doit être examiné par le Parlement et peut être modifié. Tant qu’il n’est pas adopté, la règle applicable reste la participation de 150 €.
Une participation de base et une majoration, sans montant chiffré dans le texte
L’article 89 organise une participation de base et une majoration applicable lorsque l’action de formation ne correspond pas à certaines situations. Le texte déposé ne fixe aucun montant pour cette majoration : les modalités de mise en œuvre relèvent d’un décret en Conseil d’État.
C’est ici que le chiffre de 350 € prête à confusion. Il a été largement relayé dans la presse fin septembre, mais il n’apparaît pas tel quel dans l’article 89. La seule indication officielle de montant figure sur Mon Compte Formation, qui indique que le titulaire s’engage à régler, le cas échéant, en 2027 un complément de participation pouvant atteindre 200 €, en plus de la participation de base. Ce complément sera calculé une fois la loi de finances pour 2027 et les règles d’application publiées.
Dans quels cas la majoration ne s’appliquerait pas
D’après le projet de loi et la page d’information de Mon Compte Formation, l’évolution ne serait pas appliquée :
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aux formations relevant de secteurs prioritaires (défense, industrie, souveraineté alimentaire, transition écologique, numérique, médico-social) ou menant à des métiers en tension, dont la liste doit faire l’objet d’un arrêté ministériel en 2027 ;
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à la plupart des projets cofinancés par un tiers (employeur, région, branche professionnelle et OPCO, France Travail, etc.), à condition que ce cofinancement soit au minimum de 150 € ;
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aux actions mises en œuvre dans le cadre d’un projet de transition professionnelle.
Les demandeurs d’emploi ne seraient pas concernés par la majoration. En revanche, selon cette même page, la participation de base leur serait appliquée lorsque leur formation ne relève ni d’un secteur prioritaire ni d’un cofinancement, alors qu’ils en sont exonérés aujourd’hui.
Mon Compte Formation précise également que la VAE n’est pas concernée par les évolutions prévues, que le bilan de compétences reste soumis au montant de base de la participation, et que les travailleurs en ESAT seraient exonérés pour les formations financées avec leur CPF.
Une application annoncée dès le 1er octobre 2026
Autre point qui concerne directement les organismes : le texte déposé prévoit que ces dispositions s’appliqueraient aux demandes de souscription intervenues à compter du 1er octobre 2026, donc avant même l’adoption de la loi. Mon Compte Formation a déjà ajouté un avertissement pour les demandes validées à compter du 2 octobre 2026 : en confirmant son achat, le titulaire s’engage à régler, le cas échéant, un complément en 2027. Le portail des organismes de formation affiche le même message.
Ce qui reste à préciser
Au 4 octobre 2026, plusieurs éléments restent ouverts : le vote du Parlement et d’éventuels amendements, le montant exact de la majoration, le décret d’application, l’arrêté fixant la liste des certifications concernées, et le calendrier de la condition liée au projet professionnel du titulaire (le texte déposé prévoit une entrée en vigueur au 1er janvier 2028 pour cette condition).
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Sujet |
Statut au 4 octobre 2026 |
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Participation obligatoire de 150 € |
En vigueur (décret du 30 mars 2026, pour l’année 2026) |
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Exonérations actuelles (demandeurs d’emploi, financement employeur ou OPCO, C2P, AT/MP) |
En vigueur |
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Interdiction pour l’organisme de rembourser la participation |
En vigueur |
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Majoration de la participation |
Prévue par le projet de loi de finances 2027, non votée |
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Complément « pouvant atteindre 200 € » |
Annoncé par Mon Compte Formation, à calculer après la loi et ses textes d’application |
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Application aux demandes depuis le 1er octobre 2026 |
Prévue par le texte déposé, dépend de son adoption |
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Liste des formations prioritaires |
À fixer par arrêté en 2027 |
Ce que cela change concrètement pour un organisme de formation
Informer clairement les stagiaires
Un stagiaire qui voit un reste à payer évoluer, ou un avertissement sur un possible complément en 2027, se tourne d’abord vers l’organisme. Il faut donc disposer d’une réponse simple et exacte : participation de 150 € en vigueur, majoration envisagée mais pas encore votée, montant définitif à venir. Renvoyer vers les pages officielles de Mon Compte Formation évite de commettre une erreur d’interprétation.
Suivre les dossiers et les dates
Avec une règle qui pourrait dépendre de la date de la demande, savoir à quelle date chaque dossier a été validé devient utile. De même, distinguer l’origine de chaque financement (CPF seul, abondement employeur, financement OPCO) permet de répondre rapidement à un stagiaire qui s’interroge sur sa situation.
Anticiper les cofinancements
Le cofinancement par un employeur ou un OPCO joue un rôle central, aujourd’hui comme dans le projet de loi. Pour un organisme qui travaille avec des entreprises, c’est aussi un argument commercial légitime : présenter clairement les possibilités de prise en charge par l’employeur, dans le respect de l’interdiction de rembourser la participation.
Adapter catalogue et communication
Un prix affiché dans le catalogue, un message sur le financement ou une page dédiée au CPF doivent rester cohérents avec les règles en vigueur. Mieux vaut éviter les formulations trop précises sur 2027 tant que le texte n’est pas adopté, et mettre à jour sa communication dès que les règles seront définitives.
Comment un logiciel de gestion aide à structurer cette gestion
Aucun logiciel ne modifie les règles du CPF : la participation est appliquée par Mon Compte Formation au moment de l’achat par le titulaire, pas par votre outil de gestion. En revanche, un outil qui centralise les informations facilite le suivi et réduit les erreurs. Voici ce que permet VisioFormation, sur la base de ses fonctionnalités documentées :
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Centraliser les dossiers : apprenants, entreprises et financeurs sont rattachés à la formation, avec la possibilité de préciser si un financeur prend en charge la totalité ou une partie du montant, comme le détaille notre guide sur la création d’une facture.
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Facturer plusieurs types de payeurs : particulier, entreprise, OPCO ou financement CPF peuvent coexister dans une même formation, et le logiciel permet de générer les factures correspondantes en un clic, avec la possibilité de les modifier.
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Suivre les demandes en amont : les préinscriptions reçues depuis le catalogue arrivent dans une fiche dédiée, peuvent être acceptées ou refusées, puis converties en lead dans le CRM pour organisme de formation ou en client. Notre article sur la gestion des inscriptions détaille ce parcours.
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Relier le catalogue à Mon Compte Formation : un catalogue éligible au CPF peut être connecté à moncompteformation.gouv.fr, comme l’indique la page des fonctionnalités.
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Garder une trace et ne rien oublier : alertes et tâches sur le tableau de bord, notes dans la formation et circuits d’automatisation permettent de suivre les étapes administratives sans dépendre de fichiers dispersés.
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Standardiser vos messages : documents et modèles d’emails personnalisables pour envoyer une information homogène aux stagiaires. Pour réduire la charge, voir comment réduire les tâches administratives d’un organisme de formation.
Pour aller plus loin sur l’organisation de l’activité, l’automatisation de la gestion d’un organisme de formation regroupe ces leviers. Et si un autre sujet réglementaire vous occupe en ce moment, nos articles sur le Passeport de prévention et le nouveau référentiel Qualiopi font le point sur d’autres obligations 2026.
Questions fréquentes sur le reste à charge CPF
Le reste à charge CPF est-il passé à 350 € ?
Non. La participation en vigueur est de 150 €. Le chiffre de 350 € a été relayé dans la presse à propos du projet de loi de finances pour 2027, qui n’est pas voté. Mon Compte Formation évoque un complément pouvant atteindre 200 € en 2027, qui s’ajouterait à la participation de base.
Un organisme de formation peut-il rembourser la participation à son stagiaire ?
Non. Selon le portail officiel, seuls l’employeur ou l’OPCO peuvent prendre en charge cette participation. Un organisme qui la rembourse s’expose à des poursuites.
Qui est exonéré de la participation aujourd’hui ?
Les demandeurs d’emploi, les titulaires bénéficiant d’un financement de leur employeur, de leur OPCO ou d’un accord de branche ou de groupe, les titulaires qui mobilisent leur compte professionnel de prévention et ceux qui bénéficient d’un abondement AT/MP.
À partir de quand la majoration pourrait-elle s’appliquer ?
Le texte déposé prévoit une application aux demandes intervenues à compter du 1er octobre 2026, mais il doit encore être adopté. Le montant du complément sera calculé après la publication de la loi et de ses textes d’application.
Anticiper sans anticiper à tort
Pour un organisme de formation, la bonne attitude consiste à s’appuyer sur ce qui est applicable (150 €, exonérations en vigueur, interdiction de rembourser), à suivre l’examen du projet de loi de finances, et à structurer dès maintenant son suivi des dossiers pour pouvoir s’adapter rapidement si les règles évoluent. Un outil qui centralise les informations clients, financeurs et inscriptions rend cette adaptation plus simple.
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